Grandir et réussir : à la découverte du centre de formation Magg Daan

Aujourd’hui nous souhaitons partager avec vous notre rencontre avec le centre de formation en couture Magg Daan, situé à Nianing. Un partenaire embarqué avec nous dans le projet ApiAfrique : le début d’une belle aventure qui promet de faire grandir chacun.

p1060634Magg Daan, c’est quoi et c’est qui?

Maag Daan, c’est avant tout une histoire de femmes. Trois à l’origine, puis deux, piliers essentiels du centre de formation couture de Nianing.

Magg Daan signifie “grandir et réussir” en wolof. C’est un centre de formation en couture créé en 2000 par trois femmes, Aida, Aminata et Fatou, qui se rencontrent lors de leur formation professionnelle au centre « Univers Couture » de Madame Camara à Mbour, de 1992 à 1996. Une formation exigeante, d’autant plus que les jeunes femmes doivent se soutenir et persévérer durant ces quatre ans sans apports financiers.

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La promo et le diplôme de 1996 (Aminata est tout en bas à gauche)

Fin 1999, trois ans après avoir obtenu leur diplôme et leur carte professionnelle, des « toubab » (blancs en wolof) proposent 7 machines à coudre à la Mairie de Malicounda (région de la Petite Côte) mais ils ignorent qu’il y a des couturières dans les environs. Aminata et ses deux amies saisissent l’occasion qui se présente à elles et se manifestent auprès de la mairie pour obtenir ces machines et ouvrir leur propre centre de couture : Magg Daan est né.

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Le bâtiment actuel délabré

Depuis son ouverture et sa première promotion de coutières (diplômées en 2004), le centre de formation a beaucoup évolué : les trois fondatrices sont devenues deux, Aida et Aminata, Fatou ayant déménagé en France en 2003 avec son mari. Des 5 élèves de la première année, Magg Daan est passé à 50 élèves par an, mais les capacités d’accueil n’ont pas suivi.

Les conditions de travail sont très difficiles : toutes les élèves sont dans une seule salle, cinq par machine, sans toilettes, dans un bâtiment délabré contruit sur un sol argileux, de mauvaise qualité.

 

Bien au delà de la couture, un accompagnement social

Le centre Magg Daan offre une formation et un avenir aux jeunes filles du village. Elles accueillent également les jeunes filles déscolarisées ou handicapées, une mission essentielle car le handicap est mal vu au Sénégal et les personnes porteuses de handicap n’ont souvent pas de perspectives d’avenir. A travers la couture, Aida et Aminata offrent un vrai métier polyvalent aux jeunes filles et leur permettent ainsi d’être autonomes.

Lors de notre visite, nous avons eu le plaisir de rencontrer deux anciennes élèves du centre Magg Daan, Odile et Catherine Diouf, deux soeurs.

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Catherine Diouf

Catherine est particulièrement reconnaissante à Aida et Aminata de lui avoir donné la possibilité de se former et de l’avoir soutenue malgré son handicap. Elle se souvient encore de leur première réaction : « Tu n’as pas de jambes, mais cela ne signifie pas que tu ne peux pas avancer ! ».

Aujourd’hui Catherine coud sur commande à domicile avec sa propre machine, elle a gagné son autonomie grâce à cette formation.

Quel avenir pour Magg Daan ?

A chaque rentrée, de nombreuses jeunes filles demandent à intégrer le centre de formation, mais Aida et Aminata n’ont tout simplement pas les moyens matériels de toutes les accueillir : une sélection est donc obligatoire. Par manque de machines, tout est fait à la main la première année (patrons, points, coupe, etc).

Des rêves et de l’ambition pour le développement de Magg Daan, Aida et Aminata n’en manquent pas ! Elles aimeraient avant tout :

  • Placer les filles qui sortent de l’école pour qu’elles soient toutes autonomes,
  • Aider leurs anciennes élèves à monter leurs propres centres dans le pays et les accompagner davantage,
  • Un nouveau bâtiment : avec 3 salles de classe (une par niveau), un atelier, une boutique, un bureau, des toilettes, un espace cuisine/cantine,
  • Du matériel: actuellement cinq élèves par machine, l’idéal serait de deux par machine,
  • Du personnel : pour former et encadrer les jeunes filles.

Nous souhaitons par ce projet aider Aminata et Aida à reconstruire leur centre pour pouvoir développer ensemble ApiAfrique, une activité pérenne de fabrication de produits d’hygiène réutilisables pour femmes et bébés. Elles pourront ainsi embaucher des jeunes coutières formées dans le centre, dégager des revenus pour mieux se développer… et promouvoir en parallèle la réduction des déchets et l’autonomie des femmes via les couches et les serviettes fabriquées !

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